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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 18:58

2014-08-13 15.03.48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LÖKI DOG, coeur de chien / esprit de loup:

 

Faut-il se perdre pour se retrouver? "Je perds, je perds, et je perds sévère..."


              L'histoire de la rencontre de deux âmes errantes, deux coeurs fidèles, deux esprits indomptables, deux regards flamboyants et magnétiques qui, dans l'immen-cité de la steppe urbaine, se sont mutuellement reconnus comme frères de misère, deux frères d'exil, deux espèces astrales, deux poussières d'étoiles emportées par les tempêtes telluriques, sans attache, sans famille, sans patrie; deux rejetons légitimes de l'univers, deux enfants de la chance, cette seconde chance qu'au diapason de la destinée nous accorde la déesse Gaïa, notre mère à tous... 

          N'est-ce pas Picasso qui disait: "je ne cherche pas, je trouve" ; et bien, ce superbe chien-loup, je ne l'ai pas cherché, je l'ai trouvé;  à moins que ce ne soit lui qui m'ait trouvé.

         A l' époque de notre rencontre, nous étions à la croisée de deux millénaires, un peu avant l'an 2000; et pour la première fois, j'étais locataire d'une petite piaule (thérapeutique) à Marseille, rue du Refuge. (nom prédestiné).

      Et comme j'avais longtemps été accueilli et vécu chez les autres, à mon tour je laissais ma porte ouverte aux errants et sans famille du quartier.  J'étais un punk-rocker de chien sans collier ni maître, une espèce d'anartiste vivant au jour le jour, au hasard des rencontres, passant d'une copine, d'une latitude, d'un groupe de rock, d'un petit boulot à l'autre, souvent pressé par la nécessité, et improvisant selon l'urgence et les manques du moment. 

 

      La première fois où j'ai aperçu sa sombre silhouette, il était affamé et livré à lui-même, cherchant à manger autour des poubelles, et faisant peur à la populace qui lui jetait des pierres, car il ressemblait à un loup; j'ai été touché par son désarroi et la détresse de son regard de feu, et aussi révolté par le comportement agressif de mes semblables; je semblais être le seul à être séduit par sa beauté animale et sa noblesse naturelle. Comment pouvait-on abandonner un si bel animal? me suis-je demandé. Abandonné, le meilleur ami de l'homme!

     Mais à ce moment-là, je ne pensais pas avoir les moyens, ni l'envie de m'occuper d'un chien, ou de qui que ce soit. Jusque-là, en dehors des femmes de passage, je n'avais aucune attache, ni contrainte, ni responsabilité; je n'étais qu'un crépusculaire punky-junky, éternel orphelin errant, sans mère, ni pairs, ni repères, et je ne pouvais concevoir de vivre autrement que de cueillir l'instant présent.

    Depuis quelques années, je vivais seul, après ma séparation avec la belle et sulfureuse Sophie, avec qui j'avais partagé une romance de sex'n'drugs'n'rock'n'roll, durant laquelle nous avions parcouru toutes sortes de pays, et vécu d'expériences insensées et attirés par les tentations les plus intenses. Ce fut une idylle romantique entre ombre et lumière, une liaison tumulutueuse de dix années sur des charbons ardents qui m'aura fait boire le vin doux-amer de l'amour, jusqu'à la lie... une épique ( et pique et pique et collés grammes) et inoubliable romance d'apprentissage des sentimentsonges amoureux, ma découverte du plaisir et du chagrin d'amour.

       Emporté par les désillusions de mon parcours chaotique entre création et destruction, ma rencontre avec les animaux abandonnés a fait résonner en mon âme orpheline une corde sensible, éveillant en moi comme un écho d'un passé indicible, que j'avais tenté vainement d'oublier; tentative désespérée de fuir le malheur, mais qui n'avait fait que de me pousser vers une voie sans retour, en m'enfermant dans le nébuleux désenchantement et l'absolu de mes contradictions.

           En comparant ma détresse avec celle des animaux errants dans la jungle urbaine, je me suis senti honteux et coupable de mon naufrage. Car, si les animaux sont dépendants des humains, trop souvent victimes de leur incohérente folie et inconstant comportement, contrairement à eux qui sont la dernière roue du carosse du vivant, j'avais encore le choix, aussi relatif soit-il, dans une société consumériste, idolâtre du veau d'or, je pouvais encore trouver ma voie lactée, trouver un sens à ma vie, retrouver l'élan vital de mon enfance, l'esprit créatif de ce petit prince apatride en quête de son Atlantide, cette spiritualité poétique enfantine, cette volonté de résistance qui m'a soutenu dans les ténèbres de ma prison passée, ce fut cet imaginaire enfantin, l'art de l'enfance qui m'a sauvé de la barbarie et de l'ignorance.

       Et par la suite, cette clé magique de l'imagination m'a certainement aidé à me libérer des chaînes de l'addiction toxique.

       Mais ce fut ma rencontre avec un chien-loup errant qui allait mettre du lien entre ma philosophie et la réalité.     

       Encore un paradoxe, moi l'aspirant à la liberté, après m'être sorti du gouffre béant de mon enfance, dans ma quête d'absolu, je m'étais inoculé moi-même le poison du manque, dans une auto-destruction qui m'aura conduit aux portes de l'enfer me ment.

Mais pourquoi donc allais-je me préoccuper du sort de bêtes abandonnées dont presque tout le monde se foutait?

Peut-être parce-que justement, en choisissant la cause animale, qu'allais-je devoir perdre, sinon une liberté qui n'était qu'une illusion, qu'une forme d'errance, si on ne s'engage pas dans le réel, si on ne fait pas le choix de ses propres contraintes.
   Et puis n'était-ce pas un acte responsable qui mettait de la cohérence entre mes idéaux et les besoins du réel.  

     Choisir, c'est désirer une chose, au détriment des autres. Il semblerait que j'avais du mal à choisir, quelque chose en moi m'en empêchait, comme la peur de perdre, d'abandonner une part de ce j'avais été jusque-là, de perdre ce que finalement je connaissais le mieux, la singularité de mon âme marquée par un traumatisme passé. 

     Electron libre et autodidacte artistique, j'ai trouvé le sens de mon existence, et peut-être ai-je échappé à la mort, au sida, afin d'aller vers un but dont je n'avais pas songé jusque- là. C'était peut-être dans cette perspective que j'ai réussi à survivre à la tourmente et aux bouleversements passés?

      Ma rencontre avec les animaux des rues allaient m' éveiller à l'art du réel, à la beauté, et à la poésie qui nous entourent, si proches et précieux, mais que nous ne voulons voir. Leur innocence allait me préserver du cynisme et de l'égoïsme ambient, tels des garde-fous de mon autodestruction.

      Au lieu de fuir la dure réalité dans les paradis artificiels, plutôt que s' indigner des injustices, mieux vaut agir directement devant chez soi, descendre dans la rue et sortir de sa tour d'ivoire, à l'exemple de Socrate; après l'indignation, vient l'action..."La vie ne commence qu'au seuil où le mystère est en acte..."

      Ainsi, avec les anciens, les assos et les nourriciers bénévoles du quartier, j'ai commencé à m'occuper des nombreux chats abandonnés. Mais devant ce chien errant, tous semblaient effrayés par son air farouche: c'était un husky, semblable à un loup noir. Jugé et coupable pour délit de sale gueule, et donc considéré comme dangereux dans l'imaginaire collectif, ma première réaction a été de le défendre, contre mes semblables, une espèce de prédateurs.

 

      Quelque jour plus tard, l'ayant revu traîner dans mon quartier, visiblement livré à lui-même, peut-être qu'inconsciemment me suis-je reconnu en lui comme un frère de misère, comme un symbole spirituel, un vivant esprit de ma propre errance: derrière son air farouche, j'ai été touché par son désarroi et sa noblesse, et subjugué par son allure, son comportement méfiant et la beauté qui se dégageait de lui, une beauté naturelle, car sans conscience d'elle-même, et son regard fauve derrière son pelage sombre ne quittait pas le mien.

 J'ai tendu la main vers lui, tandis qu'il s'approchait à pas de loup, hésitant, craintif, son regard de feu planté dans le mien afin de percevoir mes intentions, et prêt à fuir au moindre mouvement brusque.  J'eus l'impression de me retrouver devant mon totem, symbole d'un esprit insoumis et rejeté par la masse du troupeau grégaire

 

 

Pourtant en sauvant de l'abandon et de la rue ce magnifique animal, je n'avais pas encore conscience que c'était lui qui allait m'aider à sortir du caniveau où je végétais depuis trop longtemps.


par 4.anymots.fr.over-blog.fr

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commentaires

C
Animal: "être animé de vie"
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C
C un mordu d'art du réel ?!
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C
Ce loup chatman a du chien!!!!!!!!!!!!
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  • : -Pour partager mon mode de vie, ma philosophie du réel, avec les amis des animaux, de toutes les espèces, fils de la Nature, bafouée par l'inconséquence et l'avidité humaine, dont la crise économique et écologique majeure, aujourd'hui, nous révèle l'urgence pour l'avenir de l'humanité. -Blog dogsitting, (gardes, offres de services aux propriétaires d'animaux de (bonne) compagnie). Et au même temps que ce soit un blog d'expression écrite et artistique pour ceux qui rêvent évolution spirituelle et fraternelle en Utopia.
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